LA PAZ | La Casa de los Ningunes, la réinvention urbaine d’une identité

VUE DE LA TERRE | La ville organique ? Si nous l’avons imaginée verte et productive, elle n’en est pas moins vivante et humaine. Petit plongeon dans la vie quotidienne d’une communauté bio’urbaine. À découvrir en images…

 

A plus de 3000 mètres d’altitude, ils ne manquent pas d’air et réinventent la vie en ville. Eux ? Ce sont la « Casa de los Ningunes », un collectif de sept personnes qui vivent et travaillent sous le même toit pour une autre idée du vivre ensemble : horizontal et durable. Rendez-vous à Sopocachi, quartier mixte et animé du centre de La Paz, pour une petite visite…

 

Salomon, Monsieur “agriculture urbaine”

Salomon est l’un des membres fondateurs et l’agriculture urbain de la Casa. Venu de Colombie, il retrouve en Bolivie un contexte plus propice au maintien et respect des cultures ancestrales. Une mémoire collective qui guide également le rêve de la Casa : repenser la vie des communautés urbaines,  et construire une ville durable dans une relation harmonieuse entre l’Homme et la Terre Mère.

 

Une serre en centre-ville

Si l’agriculture urbaine est l’un des piliers du collectif, c’est bien l’autonomie alimentaire et le lien à la terre qui est encouragée par la culture. Une serre a été installée pour étendre les possibilités de production, La Paz se trouvant à près de 3600 mètres d’altitude. Des matériaux recyclés sont utilisés autant que possible (bois issu de palettes, plastique issu d’emballages…) et des techniques productives et respectueuses de l’environnement sont mises en œuvre (couverture du sol avec de la matière organique…). On y retrouve des oignons, des betteraves, du céleri, différentes variétés de salades, et des herbes aromatiques : origan, romarin…

 

La gestion de l’eau, un élément crucial

En 2016, La Paz est confrontée à une grave crise d’eau ; une grande partie de la ville privée d’eau potable pendant plusieurs mois. Aujourd’hui, il peut encore se passer plusieurs mois sans qu’une goutte d’eau ne tombe du ciel. À la Casa, l’eau de pluie provenant des immeubles alentour est récupérée dans un réservoir. Une scène sera bientôt instalée pour profiter au mieux de l’espace et ainsi combiner les dimensions sociales (arts vivants) et environnementales (réutilisation de l’eau).

 

Cela marche aussi pour les toilettes…

Une autre façon d’optimiser la consommation d’eau est de remplacer les toilettes traditionnelles par des toilettes sèches. Les seules existant à ce jour à La Paz se trouvent à la Casa. Un autre avantage est la possibilité de réutiliser les excréments pour le compost et in fine, la production de matière organique pour la terre.

 

Toilettes sèches, mode d’emploi
  1. Relever la lunette 2. Se mettre en position, bien assis, afin que les excréments liquides et solides soient séparés. 3. Une fois l’œuvre produite, jeter le papier toilette dans la cuvette 4. Y verser ensuite la sciure de bois après chaque usage. 5. Toujours fermer la lunette. 6. Se laver les mains avec de l’eau et du savon.

 

Une vision poétique du monde

Au delà d’une production et d’une consommation alternatives, la Casa réinvente la vie des communautés urbaines à travers l’utilisation de nouvelles formes de spiritualité. On y retrouve de nombreuses expressions artistiques ; la peinture est largement utilisée pour communiquer une autre vision du monde. Ici, une fresque murale qui nous dit : « De una semilla nace la selva » comprendre « D’une graine nait la forêt tropicale ».

 

Une maison ouverte

La Casa, c’est aussi une organisation ouverte, vivante, en constante évolution. Au-delà de ses résidents permanents, elle accueille régulièrement des visiteurs de passage pour quelques jours ou parfois quelques semaines. Nous rencontrons deux d’entre eux : Sarah, française, vivant à Buenos Aires et active dans le milieu du théâtre, et André, brésilien et talentueux photographe.

 

…Et sans chef

Ici, deux résidentes en pleine discussion. Chaque membre apporte sa contribution au fonctionnement et développement de la Casa et reçoit un salaire un échange. Le principe au cœur des interactions entre les membres de la maison est la réciprocité, aussi connue comme économie du don. Il s’agit de donner pour le bien commun avec la confiance de recevoir quelque chose en retour.

 

La “comida consciente”

Chez les « Ningunes », la nourriture est aussi une façon de rassembler la communauté et de sensibiliser les gens aux problématiques environnementales de notre temps. Chaque jeudi et pendant plusieurs années, la Casa a organisé des repas collectifs de nourriture « consciente », « los jueves de comida consciente ». Bien que ce format n’existe plus, l’idée, elle, reste vivante comme par exemple lors de cet atelier de cuisine consciente.

 

Eco-Tambo

Né au sein de la Casa et se trouvant aujourd’hui sur la place Lira, dans le même quartier de Sopocachi, le marché Eco Tambo réunit chaque samedi les producteurs locaux travaillant selon les principes de l’agroécologie. Ceux-ci sont sélectionnés et certifiés de façon communautaire. On trouve sur les étals des fruits et légumes de saison, diverses variétés locales de riz, ou encore des produits issus du cacao et des cosmétiques naturels.

 

Pour en savoir plus sur notre exploration de La Paz, c’est par ici !

 

 

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